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Le Japon renforce la régulation des crypto‑actifs et prévoit un impôt forfaitaire de 20 %

by mei
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Le Japon modifie de manière majeure ses règles concernant les crypto‑actifs. Le pays a approuvé un projet de loi qui traiterait les crypto‑actifs davantage comme des produits financiers que comme de simples outils de paiement. Ce changement est important car le Japon ne considère plus les crypto‑actifs uniquement comme un moyen de transfert d’argent. Les régulateurs les voient désormais comme un marché d’investissement et souhaitent des règles qui correspondent à cette réalité. Si la loi franchit le processus parlementaire actuel, le nouveau cadre devrait entrer en vigueur à l’exercice 2027.

Jusqu’à présent, le Japon régulait principalement les crypto‑actifs sous le Payment Services Act. Ce dispositif était logique lorsque les monnaies numériques étaient perçues principalement comme un moyen de paiement. Le marché a évolué. De plus en plus de personnes achètent du Bitcoin et d’autres tokens comme actifs d’investissement. Dans le nouveau projet, la supervision sera transférée au Financial Instruments and Exchange Act, le même dispositif juridique utilisé pour les produits d’investissement traditionnels. Cela place la réglementation des crypto‑actifs du Japon sur une trajectoire très différente et rapproche les règles des actifs numériques de celles du marché boursier.

L’un des changements les plus importants est l’interdiction du délit d’initié sur les crypto‑actifs. En termes simples, il sera interdit de négocier des crypto‑actifs sur la base d’informations confidentielles dont le public n’est pas informé. Cette règle est courante sur les marchés boursiers, mais elle était souvent moins claire dans le domaine des crypto‑actifs. Le Japon veut combler cette lacune. Le projet de loi prévoit également que les émetteurs de crypto‑actifs devront publier des rapports annuels, ce qui devrait offrir aux investisseurs davantage d’informations sur les actifs qu’ils achètent. Parallèlement, les entreprises désormais appelées « opérateurs de bourses de crypto‑actifs » seront rebaptisées « opérateurs de négociation de crypto‑actifs », signe que le marché est considéré plus explicitement comme une activité d’investissement.

Les sanctions prévues dans le projet de loi sont également beaucoup plus sévères. Les vendeurs non autorisés pourraient encourir jusqu’à 10 ans de prison. Les amendes maximales passeraient de 3 millions de yens à 10 millions de yens. Cette hausse marquée montre à quel point le Japon prend la protection de l’intégrité du marché au sérieux. Les régulateurs semblent estimer que des règles et des sanctions plus fortes sont nécessaires, le marché des crypto‑actifs étant désormais beaucoup plus vaste et plus important qu’il ne l’était il y a quelques années. Le Japon compte plus de 13 millions de comptes crypto, et les autorités recevraient plus de 350 plaintes liées à des fraudes chaque mois. Ces chiffres expliquent en partie pourquoi la protection des investisseurs devient une priorité accrue.

La ministre des Finances, Satsuki Katayama, a déclaré que le gouvernement souhaite accroître l’offre de capitaux de croissance tout en protégeant les investisseurs et en maintenant des marchés équitables et transparents. Cet objectif unit l’ensemble de la politique. Le Japon ne cherche pas à faire disparaître les crypto‑actifs, mais à faire ressembler le marché des crypto‑actifs à un marché financier mature. En d’autres termes, le gouvernement veut un secteur crypto capable d’attirer des capitaux sans exposer les investisseurs particuliers à des divulgations insuffisantes, à la fraude ou à l’utilisation d’informations privilégiées.

C’est pourquoi le débat fiscal est également important. En parallèle du durcissement de la législation crypto, le Japon discute d’un taux d’imposition plus bas sur les gains en crypto‑actifs. Aujourd’hui, les profits provenant des crypto‑actifs peuvent être taxés à des taux pouvant atteindre environ 55 % selon le régime d’impôt sur le revenu en vigueur. Une proposition soutenue par la Financial Services Agency viserait à instaurer un taux forfaitaire de 20 %, plus proche du régime fiscal appliqué aux actions japonaises. Ce serait un changement majeur pour les traders et les investisseurs à long terme. Cela pourrait rendre le Japon plus compétitif en tant que marché crypto, surtout si les entreprises et les investisseurs estiment pouvoir opérer sous des règles claires et un système fiscal plus équitable.

En résumé, ces mesures illustrent une stratégie en deux volets. Le Japon veut renforcer la conformité des crypto‑actifs, tout en offrant un cadre plus fonctionnel pour l’investissement dans les crypto‑actifs. Cette combinaison pourrait faire ressortir le pays. Certains marchés peinent encore à définir des règles claires pour les actifs numériques. Le Japon choisit une voie différente : surveillance renforcée, meilleure divulgation, sanctions plus sévères et une fiscalité qui pourrait paraître plus raisonnable aux yeux des investisseurs sérieux. Pour l’ensemble de l’industrie crypto, cela envoie un message clair : le Japon voit les crypto‑actifs comme une composante de la finance moderne et souhaite que le marché crypto mûrisse sous des règles qui ressemblent davantage à celles du reste du système financier.

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